De l’audace à l’audax …du CCO 2021

En lui mettant la pression, à l’avant, à l’arrière, je luis disais, hier soir dans le garage : demain ne sera pas un jour comme les autres !... je vais te chevaucher pendant plus de 4 heures et ceci, sur une distance de 100kms …Je parlais bien sûr, à ma « petite Reine » ma bicyclette bleue dotée des derniers perfectionnements mécaniques ; celle qui allait me porter et me supporter pendant cet « audax » du CCO 2021 …
- Tu es bien prétentieux, me dit-elle… à ton âge c’est quand même un peu osé mais c’est toutefois bien audacieux, lui promettant le plaisir d’une cadence de pédalage rythmée, élégante et généreuse.

C'est ainsi qu’à peine les paupières ouvertes, nous avons retrouvé avec plaisir, Phillipe, notre coordonateur de talent et nos quarante ami(e)s du vélo, ce samedi matin sur le parking de la Frébaudière, balayé par la fraîcheur significative de ce premier jour du Printemps.

Arc-boutés sur notre machine, animés d’une volonté sans faille, nous parcourons rapidement 10 kms et traversons Bongarant…ce haut lieu discret du patrimoine culturel de Sautron …n’est-ce pas là qu’au 15éme siècle, le duc François 2 de Bretagne y fît construire une chapelle pour remercier les « Cieux » d’avoir échappé à la mort, après avoir été désarçonné par un « sanglier »…déjà présentes ces bébêtes…

Entraînés par André, notre « cheval fougueux du matin « nous dévalons alors la route des Crêtes vers St Etienne de Montluc à vive allure, vent dans le dos…si vite que Michel, notre précieux Capitaine de route, nous conduit dans une impasse, trahi bien sûr par son GPS et par le reflet des premiers rayons du soleil…Nous sommes dès lors, dans les marais de Coueron : cette zone humide naturelle très étendue, aux 230 espèces d’oiseaux.

Cordemais est déjà devant nous, au bord de la Loire…c’est le 30ème km…les cheminées de la Centrale électrique, son port d’échouage et l’équipement public nécessaire pour y faire une première pause…ah ! le chocolat de Ghislaine et la portion de gâteau aux fruits du « Grand » Phillipe …c’est bon... Direction plein Ouest, vers les charmants petits bourgs du bord de Loire que sont – Bouée : la fillette d’antan de la Paroisse de Savenay et – Lavau : lieu de débarquement des Vikings, au Moyen Age, à l’assaut des Ducs de Bretagne.

Aspirés par nos deux compères longilignes – André et Antony –sur les routes rectilignes orientées vers la mer, salués par un magnifique héron cendré déployant ses ailes au-dessus de nos têtes, le Marais de la Brière, s’offre à nous : Donges et ses cheminées fumantes de la raffinerie – le sud de Besné et ses belles petites routes sinueuses serpentant ombragées en bordure de ces zones humides…on est à mi-parcours….50kms …c’est bien …

Changement de cap…désormais, il faut affronter le vent de face sur la route du retour …notre Capitaine de route est bien là, devant nous …oui, oui … si énergique et rapide qu’il disparaît en traversant Prinquiau, nous laissant seuls à la pause du Centre bourg …à l’insu de son plein gré …quelle ne fût pas notre punition lorsque nous l’avons rejoint, quelques kms plus loin ! Tous penauds…nous avons reformé d’instinct, le groupe « Image » pour lui chanter « ohé, ohé… Capitaine abandonné »…la bonne humeur a ainsi refait surface …audacieux, les copains…

Le contournement subtil de Savenay achevé, se présente devant nous, la côte de la Gouairie: une dénivelée de 70 mètres « longue mais molle » de 2 kms nous annonce notre Capitaine expérimenté…est-ce bien le terme approprié ?... murmure l’un ou l’une d’entre nous …chacun en vient à « bout » tant bien que mal, avec l’audace et la ténacité qui nous animent …on y est là-haut, sur le dos du Sillon de Bretagne. 70 kms …c’est toujours bien…

L’arrivée se rapproche…c’est alors qu’un second souffle d’énergie vient réchauffer notre mental et nos muscles et nous dit : ne te relâche pas…tu vas y parvenir…oublie çà et là tes petites douleurs…Ne voit on pas alors, devant nous, en évitant le Temple de Bretagne (faisons vite…éloignons-nous de la potence des Templiers qui réglaient rapidement le sort des justiciables, à l’entrée du bourg) le grand Jean-Pierre, pédalant énergiquement, sans compter vers Vigneux de Bretagne . Perçoit-il la fin ou la faim ?…me souffle l’un des nôtres. 90 kms…c’est très bien. Traversant ce bourg à la voirie déchiquetée le plus rapidement possible (Anne de Bretagne y séjourna pendant quelques semaines), nous ne sommes pas surpris de dépasser, à bonne allure, le stade de Gagné avant d’arriver à la Frébaudière, très satisfaits et très fièr(e)s de ce beau parcours en commun, sans incident mécanique, sans bruit suspect.102 kms à 22,7 kms/heure de moyenne…très, très bien, les d’jeunes !…

La sympathie, la volonté, la solidarité, l’envie d’en faire plus qu’un autre jour …et l’audace …les ingrédients étaient bien là pour profiter de cette belle matinée…Merci à celles et ceux qui ont organisé ce beau parcours, à notre Capitaine de route et à chacune et chacun de ce groupe, amis de la « petite Reine ».

Rémy Perrocheau